jeudi 5 août 2010

Les Domaines Prioritaires d'Innovation pour l'Assurance de demain : l'Economie de la Fonctionnalité.

Participation d’AğaSente à la rédaction du Livre Blanc « l’Innovation dans l’Assurance », édité par le Pôle de compétitivité FINANCE INNOVATION (juillet 2010).
Problématique et enjeux
L’économie de la fonctionnalité est un nouveau modèle économique qui peut s’avérer un relais de croissance pour les assureurs.
Définie dans le relevé des conclusions du Grenelle comme « le remplacement de la vente de biens par la vente de leur usage », elle constitue une voie prometteuse de mise en œuvre du développement durable, pour dé-corréler les courbes de la croissance économique et de l’augmentation des flux de matière et d’énergie, sans affecter les flux financiers, ni le dynamisme social et technologique. A ce titre, l’économie de la fonctionnalité apparaît comme un nouveau modèle économique doté d’un potentiel non négligeable.
Par exemple, pour assurer le besoin de transport, le modèle propose que chaque individu s'abonne à un service permettant d'utiliser une flotte de voitures en libre-service, plutôt que d'en acquérir un soi-même et d'en assurer l'entretien, l'assurance et l'ensemble des frais… Ce modèle laisse présager d’une réorganisation substantielle des garanties d’assurance.
Le principe d’économie de la fonctionnalité est un levier du contrat de performance énergétique (CPE), contrat global de services à obligation de résultat pour optimiser la qualité et les coûts des usages avec un partage du risque, des objectifs et des performances. Il conduit à une « ingénierie du subjectif » chargée de rationaliser l’information objective, l’information personnelle et l’attitude face au risque.
Domaine d’Innovation Prioritaire (DIP)
Parmi les pistes d’innovation pour les assureurs, on peut citer la mise en œuvre des principes de l’économie servicielle dans l’accompagnement de la mutation du secteur du BTP pour répondre aux enjeux de développement durable.
Le BTP fait face à une complexité grandissante des réalisations et à un accroissement des risques du fait :
- d’une demande croissante d’innovation
- de complexité et d’exigence de performance par les maîtres d’ouvrages,
- de la multiplication des intervenants d’un projet,
- d’une pénurie de main d’œuvre, notamment qualifiée,
- de l’innovation technique ou organisationnelle - matériaux et procédés de construction en pleine évolution avec une pérennité pas toujours connue,
- de l’utilisation d’outils informatiques puissants (source d’erreurs car difficilement contrôlables),
- de nouvelles offres de services.

En outre, l’engouement des maîtres d’ouvrage pour l’innovation n’a pas diminué leur exigence de performance, de qualité et de minimisation des risques sur leurs ouvrages.
Plus le projet d’ouvrage est d’envergure, donc complexe, plus les plafonds de garantie exigés en maîtrise d’œuvre par le donneur d’ordre deviennent exorbitants
Dans ce contexte, l’identification, le management et la couverture des risques sont devenus un enjeu majeur pour l’ensemble des acteurs de la chaîne de la construction, y compris les assureurs.
De leurs côté, les assureurs ont aussi à faire face à l’accroissement de la charge des sinistres (de 8% à 10% par an), l’accroissement des procédures de mise en cause, avec les conséquences que l’on connait pour le marché de l’assurance - construction liée à la responsabilité civile professionnelle (RCP).
Des pistes d’innovation conceptuelles et organisationnelles existent cependant pour permettre aux assureurs de participer à la mutation du BTP et les aider à se repositionner de façon offensive, en privilégiant une démarche préventive.
En amont du chantier, il s’agit de développer une expertise pour vérifier la compétence des intervenants à la souscription, par exemple un rôle d’expert chargé de vérifier la compétence des intervenants lors de la souscription de polices relatives à une opération donnée (les assureurs apporteraient ainsi leur concours à la prévention des risques qu’ils assurent).
En outre, l’idée serait de créer des Bureaux d’Ingénierie du Risque (BIR), structures hybrides entre les BET et les assureurs en charge de vérifier chez les assurés, l’identification, le management et leurs calculs de traitement des risques.
Dans le prolongement de cette démarche, un Observatoire des Risques pourrait être mis en place avec pour objectif de capitaliser l’expérience sur les risques et la restituer. Les assureurs auraient toute légitimité à porter cette structure.
En aval du chantier, des expertises spécifiques pourraient assurer la vérification de bon état d’achèvement (VBEA) de l’ouvrage en conformité avec les attentes du maître d’ouvrage (émission d’un certificat libératoire, CBDD© comme dépositaire …).